Les experts, la crise et l’écologie

Le numéro du nouvelle observateur du 3 septembre 2009 contient un intéressant dossier sur sortir de la crise. Il est intéressant surtout grâce à un long interview de Daniel Cohen, économiste de 56 ans. Quelques bonnes phrases : "le problème avec Keynes, c’est qu’il a fait croire ... qu’on disposait des instruments d’une régulation fine de l’économie.... Il disait : le jour où on comprendra qu’on peut dépenser toujours plus, l’humanité sera sauvée. Ce postulat n’est plus du tout dans l’air du temps." ".. à priori, la période de croissance que nous vivons aurait dû être exceptionnelle : la révolution informatique ... produit des gains de productivité tout à fait extraordinaires et, de son côté, la mondialisation crée des nouveaux marchés. La crise financière que nous connaissons est donc une anomalie ... Mais il y a l’incertitude au sujet des matières premières. Aujourd’hui, chacun voit bien, au-delà de cette spéculation, que le prix du pétrole va reprendre sa course. Cette hypothèque nous ramène à l’urgence écologique et souligne l’urgence d’un nouveau mode de développement plus économe en matières premières" Bravo, monsieur Cohen, enfin un économiste qui intègre la crise environnementale dans la crise économique. Dans le même dossier, il y a aussi le point de vue de Paul Krugman, prix nobel 2008 d"économie". Et là, est-ce parce qu’il s’agit d’un sexuagénaire qui a une autre vision du monde, mais il s’agit de néo-keynésianisme très classique, où il suffit de contrôler le système qu’il fonctionne, en réutilisant les mêmes règles que dans les années 30, comme si la planète était la même ! Il ya juste une phrase rigolote à la fin de l’article, que son auteur devrait méditer : "je pense que les seuls obstacles structurels importants à la prospérité du monde sont les doctrines obsolètes qui encombrent l’esprit des hommes". A méditer en effet.


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